Une approche axée sur la science du comportement pour comprendre l’adoption de l’étiquetage énergétique des maisons au Canada
Impact Canada, Unité de l'impact et de l'innovation, Bureau du Conseil privé
Pointes importants
- Les Canadiens font face à divers obstacles à l’adoption de l’étiquetage énergétique des maisons, notamment une confiance excessive à l’égard du rendement énergétique de leur maison et une méconnaissance de l’étiquette ÉnerGuide pour les maisons.
- Parmi les différents types de renseignements qui pourraient figurer sur l’étiquette énergétique, les Canadiens s’intéressent particulièrement à ceux sur la manière dont ils peuvent économiser de l’argent grâce à des améliorations de l’efficacité énergétique.
- Les acheteurs potentiels ont jugé les étiquettes énergétiques plus importantes que les propriétaires actuels, ce qui montre que le moment de la vente est un moment clé pour accroître l’adoption des étiquettes.
- Les résultats expérimentaux suggèrent qu’il est peu probable que les communications subtiles suffisent à elles seules à stimuler l’adoption des étiquettes; des stratégies d’engagement plus importantes sont probablement nécessaires.
Contexte
Le Plan de réduction des émissions du gouvernement canadien vise à atténuer les répercussions des changements climatiques en réduisant considérablement les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2030 et en atteignant la carboneutralité d’ici 2050. Au Canada, les maisons et les bâtiments sont responsables de 13 % des émissions nationales de GES provenant de la combustion de combustibles fossiles seulement. La consommation d’électricité pour le refroidissement, l’éclairage et les appareils électroménagers porte le total à 18 %. Pour que le Canada atteigne ses cibles de réduction des émissions, les nouvelles maisons devront être conçues de manière à être efficaces sur le plan énergétique, et les maisons existantes devront être rénovées afin d’améliorer leur efficacité énergétique (p. ex. passer à des systèmes de chauffage et de refroidissement plus efficaces, améliorer l’isolation).
Le Système de cote ÉnerGuide (SCE) pour les maisons, mis en oeuvre par Ressources naturelles Canada (RNCan), est l’un des nombreux programmes et politiques qui visent à accélérer l’amélioration du rendement énergétique des maisons et à faire en sorte que les nouvelles maisons respectent les normes les plus élevées. Le programme a été lancé pour la première fois en 1998 et, depuis, il sert de norme canadienne pour l’évaluation et l’étiquetage énergétiques des maisons. La cote et l’étiquette ÉnerGuide pour les maisons (figure 1) visent à aider les Canadiens à mieux comprendre le rendement énergétique de leur maison afin qu’ils puissent prendre des décisions éclairées lors de l’achat, de la vente ou de la rénovation de leur maison. Le processus d’obtention de l’étiquette ÉnerGuide comprend une évaluation sur place effectuée par un conseiller en énergie qui mesure et recueille des données sur les divers éléments de la maison susceptibles d’avoir une incidence sur sa consommation d’énergie. À la suite de l’évaluation, les propriétaires reçoivent une étiquette et un rapport qui résument divers aspects du rendement énergétique de leur maison, y compris sa consommation d’énergie par rapport à une maison neuve typique, ainsi qu’une liste des rénovations recommandées pour améliorer l’efficacité énergétique.
Figure 1. Exemple de cote et d’étiquette ÉnerGuide pour les maisons
Version texte
Apprenez-en plus sur la cote énergétique de votre maison : Une cote sera attribuée à votre maison selon sa consommation d’énergie en gigajoules.
Comparez le rendement énergétique de votre maison : L’étiquette compare le rendement énergétique de votre maison à celui d’une maison de référence.
Visez le zéro à l’échelle des cotes ÉnerGuide : Plus le nombre est faible, meilleur est le rendement énergétique de votre maison.
Voyez comment est répartie votre consommation d’énergie : L’étiquette présente la proportion d’énergie consommée en chauffage, climatisation, ventilation, etc.
Comprenez mieux votre consommation d’énergie : L’étiquette divise votre consommation d’énergie selon la source.
Voyez votre impact sur l’environnement : L’étiquette indique la quantité d’émissions de gaz à effet de serre produites par votre maison.
Les étiquettes énergétiques fournissent des renseignements importants sur le rendement énergétique d’une maison, ce qui peut contribuer à améliorer les connaissances des propriétaires en matière d’énergie et les aider à prendre des décisions. Toutefois, la procédure actuelle pour obtenir une étiquette est à la fois longue et coûteuse, ce qui crée des obstacles à son adoption. En effet, seulement 12 % environ des maisons admissibles au Canada portent une étiquette ÉnerGuide.
L’objectif de cette étude était de trouver des moyens d’accroître l’adoption des étiquettes énergétiques au Canada. Plus précisément, nous avons cherché à répondre à deux questions : 1) Quels sont les principaux éléments favorables et obstacles à l’adoption de l’étiquetage énergétique des maisons? 2) Pouvons-nous accroître l’importance perçue de l’obtention d’une étiquette ÉnerGuide pour les maisons en utilisant des communications fondées sur le comportement?
Méthodologie
Pour répondre à ces questions, nous avons recruté un groupe de 2 555 Canadiens de 18 ans et plus, représentatif de la population nationale selon la région, l’âge et le sexe, pour réaliser une étude en ligne. Cette étude a été menée par l’intermédiaire de Qualtrics, une plateforme de sondage en ligne qui recrute parmi les bassins existants de participants qui ont accepté que l’on communique avec eux pour des études de recherche. Les répondants ne pouvaient participer à l’étude que s’ils étaient actuellement propriétaires et n’avaient pas l’intention de vendre leur maison, s’ils étaient des vendeurs potentiels (c.-à-d. des propriétaires ayant l’intention de vendre leur maison au cours des deux prochaines années) ou s’ils étaient des acheteurs potentiels (c.-à-d. des non-propriétaires ayant l’intention d’acheter une maison au cours des deux prochaines années). Les données ont été recueillies en mars 2023 dans les deux langues officielles (français et anglais).
Dans la première partie du sondage, les répondants ont répondu à une série de questions évaluant leur connaissance générale de leur maison et de sa consommation d’énergie, l’importance perçue de l’adoption d’une étiquette ÉnerGuide pour les maisons, ainsi que les divers éléments favorables et obstacles autodéclarés à l’adoption d’une étiquette.
Dans la deuxième partie du sondage, les répondants ont été affectés au hasard à l’une des six communications fondées sur le comportement au sujet de l’étiquette ÉnerGuide (voir ci-dessous). Cinq de ces messages étaient fondés sur les éléments favorables et les obstacles potentiels à l’adoption d’une étiquette énergétique des maisons : (1) faire appel à l’identité pro-environnementale des gens (message vert); (2) faire appel aux normes sociales (message sur les normes sociales); (3) décrire les avantages de l’étiquette (message sur la valeur); (4) décrire comment obtenir une étiquette (message sur les étapes de traitement); et (5) combiner ces quatre éléments (message combiné). Le sixième message fournissait des renseignements généraux sur l’étiquette ÉnerGuide (message de contrôle), établissant ainsi une base de référence pour tester les effets des autres messages. Les répondants ont premièrement vu le message qui leur avait été attribué, puis on leur a demandé de préciser l’importance qu’ils accordaient à l’obtention d’une étiquette énergétique.
Cette étude et son plan d’analyse ont été préenregistrés au Centre de connaissances sur l’introspection comportementale de l’Observatoire de l’innovation dans le secteur public de l’OCDE avant la collecte des données.
Messages de test et de contrôle présentés aux répondants au sondage
1. Vert
Ce message faisait appel à l’identité pro-environnementale des gens en associant l’étiquette énergétique de la maison aux avantages environnementaux.
2. Normes sociales
Ce message soulignait que de nombreuses autres personnes avaient déjà obtenu une étiquette ÉnerGuide pour leur maison.
3. Valeur
Ce message mettait en évidence la valeur de l’étiquette énergétique des maisons en décrivant ses avantages potentiels.
4. Étapes de traitement
Ce message clarifiait le processus d’obtention d’une étiquette énergétique en fournissant des instructions étape par étape.
5. Combiné
Ce message était une combinaison des messages vert, sur les normes sociales, sur la valeur et sur les étapes de traitement.
6. Contrôle
Ce message fournissait des renseignements généraux sur l’obtention d’une étiquette énergétique, établissant ainsi une base de référence pour tester les effets des autres messages.
Constatations
Les Canadiens surestiment possiblement le rendement énergétique de leur maison
La plupart des répondants (70 %) croyaient qu’ils connaissaient ou connaissaient très bien la consommation énergétique de leur maison. Lorsqu’on leur a demandé d’évaluer l’efficacité énergétique de leur maison, la plupart des répondants ont indiqué que leur maison était efficace sur le plan énergétique, 72 % d’entre eux attribuant à leur maison une note supérieure à 5 sur une échelle de 10 points (figure 2). Les trois quarts des personnes interrogées (77 %) ont également indiqué que la consommation d’énergie de leur maison était égale ou inférieure à celle d’une maison semblable, et seulement 12 % ont déclaré que la consommation d’énergie de leur maison était plus élevée que celle d’une maison semblable. Cela suggère un excès de confiance à l’égard du rendement énergétique perçu des maisons, les gens ayant tendance à penser que leur maison a déjà un meilleur rendement énergétique que la moyenne, ce qui peut limiter la motivation à améliorer davantage l’efficacité énergétique de leur maison.
Figure 2. Évaluation par les répondants de l’efficacité énergétique de leur maison
La question suivante a été posée aux répondants : « Sur une échelle de 1 à 10, où 1 correspond à très mauvais rendement énergétique et 10 à très bon rendement énergétique, quelle est, selon vous, l’efficacité énergétique de votre maison? » La plupart des répondants (72 %) ont attribué à leur maison une cote supérieure à 5 sur l’échelle de 10 points, ce qui indique qu’ils croyaient que leur maison était efficace sur le plan énergétique.
Version texte
Efficacité énergétique autodéclarée de la maison du répondant, sur une échelle de 1 à 10
1 = Très peu efficace sur le plan énergétique et 10 = Très efficace sur le plan énergétique
| Notation (1-10) |
Pourcentage (%) |
|---|---|
| 1 | 1.2 |
| 2 | 1.4 |
| 3 | 4.5 |
| 4 | 6.1 |
| 5 | 14.8 |
| 6 | 19.2 |
| 7 | 26.5 |
| 8 | 17.4 |
| 9 | 5.3 |
| 10 | 3.7 |
De nombreux Canadiens ne connaissent pas l’étiquette ÉnerGuide pour les maisons.
Moins de la moitié (43 %) des répondants avaient vu une étiquette ÉnerGuide pour les maisons avant l’étude, et seulement 11 % avaient entendu dire qu’une personne de leur entourage avait obtenu une étiquette au cours de l’année écoulée. De plus, la plupart des répondants considéraient que les étiquettes énergétiques étaient peu courantes; environ les trois quarts (73 %) d’entre eux estimaient que moins de 50 % des ménages dans leur quartier avaient une étiquette.
Renseignements souhaitables pour une étiquette énergétique de maison
On a demandé aux répondants de choisir trois types de renseignements sur la consommation d’énergie domestique qui, selon eux, seraient importants pour eux. Tous statuts de propriétaire confondus (c.-à-d. propriétaires, vendeurs et acheteurs), les répondants étaient surtout intéressés par des renseignements sur les économies potentielles réalisées grâce à des améliorations énergétiques (figure 3). La mise en évidence des avantages financiers pourrait être un élément favorable à l’adoption de l’étiquette. Les acheteurs et les vendeurs étaient particulièrement intéressés par la façon dont la maison à laquelle ils s’intéressaient ou celle qu’ils souhaitaient vendre se comparait aux autres, ce qui semble être une motivation clé.
Figure 3. Intérêt des répondants pour des renseignements sur la consommation d’énergie domestique
La question suivante a été posée aux répondants : « Si vous pouviez obtenir des renseignements sur la façon dont votre maison consomme de l’énergie, qu’est-ce qui vous intéresserait le plus? Choisissez jusqu’à trois types de renseignements. » De nombreux répondants ont indiqué qu’ils souhaiteraient obtenir des renseignements sur les répercussions financières de l’amélioration de leur maison, comme les économies de coûts qui pourraient être réalisées grâce aux améliorations de l’efficacité énergétique.
Version texte
| Informations sur l'efficacité énergétique | Propriétaires (%) | Acheteurs (%) | Vendeurs (%) |
|---|---|---|---|
| Les renseignements sur l’efficacité énergétique de ma maison ne sont pas importants pour moi. | 2 | 3 | 3 |
| La quantité de gaz à effet de serre (GES) produite par la maison par rapport à des maisons semblables. | 6 | 10 | 9 |
| Suggestions d’améliorations de l’efficacité énergétique pour les maisons | 22 | 18 | 21 |
| Une estimation du coût de certaines des améliorations recommandées | 22 | 19 | 20 |
| La quantité d’énergie consommée par la maison par rapport à des maisons semblables | 19 | 24 | 22 |
| Une estimation des économies d’énergie que vous pourriez réaliser par année grâce à des améliorations | 28 | 26 | 25 |
Certaines caractéristiques et croyances individuelles sont associées à l’importance perçue d’obtenir une étiquette énergétique
Nous avons utilisé un modèle de régression multivarié pour révéler les facteurs les plus fortement liés à l’importance perçue d’obtenir une étiquette énergétique. Nous avons inclus les éléments favorables et les obstacles suivants dans le modèle : connaissance autodéclarée de la consommation d’énergie de la maison, familiarité avec l’étiquette ÉnerGuide pour les maisons, valeur perçue d’une étiquette d’efficacité énergétique, normes sociales perçues, compréhension de la cote de l’étiquette, efficacité énergétique autodéclarée de la maison, consommation d’énergie autodéclarée de la maison comparée à celle des autres, facilité des démarches pour obtenir l’étiquette d’efficacité énergétique, identité pro-environnementale, connaissance générale de la maison et statut de propriétaire (c.-à-d. propriétaire, vendeur, acheteur). Nous avons également contrôlé diverses caractéristiques démographiques de l’échantillon (p. ex. âge, province, type de collectivité, sexe, origine ethnique, scolarité, situation d’emploi, revenu annuel).
Nous avons constaté que le fait d’être un acheteur ou un vendeur de maison, d’avoir une identité pro-environnementale et celui de percevoir l’étiquetage énergétique des maisons comme étant normatif (c.-à-d. plus courant) étaient les facteurs prédictifs statistiquement significatifs les plus importants de l’importance perçue de l’étiquetage (tableau 1). Le fait de considérer qu’une étiquette d’efficacité énergétique a plus de valeur sur le marché immobilier et qu’il est facile d’obtenir une étiquette était également des facteurs prédictifs significatifs, bien que plus faibles, de l’importance de l’étiquette. Nous n’avons relevé aucun facteur prédictif négatif statistiquement significatif de l’importance perçue des étiquettes.
Tableau 1. Facteurs prédictifs de l’importance perçue de l’étiquette
« ++ » symbolise un effet positif fort (bêta standardisé > 0,15), et « + » symbolise un effet positif modéré (bêta standardisé ≤ 0,15).
Version texte
« ++ » symbolise un effet positif fort (bêta standardisé > 0,15), et « + » symbolise un effet positif modéré (bêta standardisé ≤ 0,15).
| Variable prédictive | Effet* | Qu’est-ce que cela signifie? |
|---|---|---|
| Acheteurs | ++ | Les répondants qui se sont identifiés comme acheteurs estimaient qu’il était plus important pour leur maison potentielle d’avoir l’étiquette énergétique. |
| Identité pro-environnementale | ++ | Les répondants qui avaient une identité pro-environnementale plus marquée estimaient qu’il était plus important d’obtenir l’étiquette énergétique. |
| Vendeurs | ++ | Les répondants qui se sont identifiés comme acheteurs estimaient qu’il était plus important d’obtenir l’étiquette énergétique de la maison qu’ils vendaient. |
| Normes sociales (voisins) | ++ | Les répondants qui estimaient qu’un pourcentage plus élevé de maisons dans leur quartier avaient une étiquette énergétique ont jugé qu’il était plus important d’en obtenir une. |
| Valeur perçue d’une étiquette d’efficacité énergétique | + | Les répondants qui estimaient qu’une étiquette énergétique indiquant un rendement énergétique élevé (c.-à-d. une maison écoénergétique) augmenterait la valeur d’une maison sur le marché ont jugé qu’il était plus important d’en obtenir une. |
| Étapes de traitement | + | Les répondants qui estimaient que le processus d’obtention de l’étiquette était facile ont jugé qu’il était plus important d’obtenir l’étiquette énergétique. |
Effet des messages fondés sur le comportement sur l’importance perçue de l’adoption des étiquettes
Dans l’ensemble, aucun des messages fondés sur le comportement n’a augmenté l’importance perçue d’obtenir une étiquette énergétique comparativement au message de contrôle (renseignements généraux sur l’étiquetage énergétique des maisons) (figure 4). Toutefois, les répondants qui avaient vu le message combiné ont jugé qu’il était beaucoup plus important d’obtenir une étiquette énergétique que ceux qui avaient vu le message sur les étapes de traitement.
Indépendamment du message, les acheteurs ont jugé qu’il était plus important d’obtenir une étiquette énergétique que les vendeurs et les propriétaires, ce qui suggère que le statut de propriétaire a une incidence sur la perception qu’ont les gens de l’étiquette. Le moment de la vente pourrait constituer une occasion importante de stimuler l’adoption, compte tenu de l’importance accrue que les acheteurs potentiels accordent à l’étiquetage énergétique des maisons.
Figure 4. Importance perçue d’obtenir une étiquette après avoir vu différents messages
La question suivante a été posée aux répondants : « Dans quelle mesure serait-il important ou non d’obtenir une étiquette énergétique pour votre maison/une maison que vous envisageriez d’acheter/une maison que vous voulez vendre? » Aucun des messages fondés sur le comportement n’a augmenté de manière significative l’importance perçue d’obtenir une étiquette énergétique comparativement au message de contrôle. Pour tous les messages, l’importance perçue d’obtenir une étiquette était plus élevée chez les acheteurs. Remarque : Les barres d’erreur représentent un écart-type de ±1.
Version texte
| Condition | Tout | Acheteurs |
|---|---|---|
| Contrôl | 3.73 | 3.99 |
| Vert | 3.69 | 4.18 |
| Valeur | 3.77 | 4.20 |
| Normes sociales | 3.78 | 4.22 |
| Étapes de traitement | 3.65 | 4.12 |
| Combiné | 3.85 | 4.16 |
Discussion
Les étiquettes énergétiques des maisons peuvent aider les propriétaires à mieux comprendre le rendement énergétique de leur maison et à prendre des décisions éclairées lors de l’achat, de la vente ou de la rénovation. Toutefois, l’adoption de l’étiquetage énergétique des maisons reste faible. Ces constatations suggèrent que, bien que les Canadiens pensent généralement que l’étiquetage énergétique des maisons est important, divers obstacles à l’adoption peuvent contribuer au faible taux d’adoption. De nombreux Canadiens perçoivent déjà leur maison comme étant efficace sur le plan énergétique et pensent qu’elle consomme moins d’énergie que d’autres maisons semblables, même si ce n’est peut-être pas le cas. Ces perceptions peuvent réduire l’intérêt pour l’obtention de l’étiquette ÉnerGuide pour les maisons, car les gens peuvent ne pas être motivés à chercher de l’information s’ils pensent être bien informés et croient que leur maison est meilleure que la moyenne. Les Canadiens ne connaissent pas bien non plus l’étiquette ÉnerGuide pour les maisons, alors qu’une bonne connaissance est essentielle pour une meilleure adoption. Pour obtenir une étiquette énergétique, il faut d’abord que les gens sachent qu’elle existe. De plus, les Canadiens ne croient pas que ces étiquettes sont courantes, ce qui pourrait les démotiver. D’autre part, les Canadiens s’intéressent particulièrement à l’information sur les économies de coûts qui pourraient être réalisées grâce aux améliorations domiciliaires, ce qui semble les motiver à se renseigner sur la consommation d’énergie et les rénovations écoénergétiques. La mise en évidence des gains financiers pourrait donc contribuer à accroître l’intérêt pour l’étiquetage et à en favoriser l’adoption.
Aucun des messages fondés sur le comportement n’a eu une incidence statistiquement significative sur l’importance perçue d’obtenir une étiquette énergétique comparativement à la condition de contrôle (renseignements généraux au sujet des étiquettes). Cela suggère qu’il est peu probable que la sensibilisation douce suffise à elle seule à stimuler de manière significative l’adoption des étiquettes et que des stratégies d’engagement plus importantes, comme celles qui s’attaquent directement aux obstacles structurels à l’adoption des étiquettes (p. ex. coût, accessibilité), sont vraisemblablement nécessaires. Bien qu’aucun des messages n’ait réussi à accroître l’importance perçue des étiquettes, les acheteurs potentiels avaient tendance à s’intéresser davantage à l’étiquetage énergétique des maisons, ce qui suggère qu’il s’agit d’un groupe important à cibler. L’un des principaux avantages semble être la diffusion de renseignements comparatifs entre les maisons d’intérêt. Cela suggère également que la divulgation des étiquettes ÉnerGuide au moment de la vente pourrait être une stratégie efficace pour promouvoir leur adoption.
Dans l’ensemble, les résultats de cette étude mettent en évidence plusieurs éléments favorables et obstacles importants à l’obtention d’une étiquette énergétique au Canada, qui peuvent être mis à profit pour favoriser l’adoption des étiquettes. Une recherche de suivi est en cours pour examiner plus en détail certains éléments favorables et obstacles, comme la compréhension et l’utilité perçue de l’étiquette elle-même, ce qui sera important pour éclairer les changements futurs au programme ÉnerGuide pour les maisons.
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Remerciements
Ces travaux s’inscrivent dans le cadre du Programme de recherche appliquée sur l’action pour le climat (PRAAC), un effort conjoint du Bureau du Conseil privé, d’Environnement et Changement climatique Canada et de Ressources naturelles Canada.
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada
Une approche axée sur la science du comportement pour comprendre l’adoption de l’étiquetage énergétique des maisons au Canada
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© Sa Majesté le Roi du chef du Canada, 2024.
This publication is also available in English: A Behavioural Science Approach to Understanding Home Energy Label Adoption in Canada
ISBN:
978-0-660-78267-6
CP22-235/2025F-PDF